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mercredi 4 novembre 2020

La république du bonheur d'Ito Ogawa


Titre : La république du bonheur
Autrice : Ito Ogawa
Genre : littérature contemporaine
Editions : Philippe Picquier
Parution : 20 août 2020
Nombre de pages : 300
Mots clés : japon, famille, écrivain public

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver Ito Ogawa et les personnages de la Papeterie Tsubaki, un livre qui m'avait charmée. Et La république du bonheur ne déroge pas à la règle, en s'inscrivant dans la même esprit cocooning. 

Nous somme de retour à Kamakura, où Hatoko est désormais mariée à Mitsurô, le père de QP, petite fille qui avait fait appel à ses services dans le précédent roman. On plonge dès lors dans la vie de famille toute nouvelle pour notre héroïne, belle mère appréciée et seconde épouse d'un homme qui ne pensait pas pouvoir renouer avec le bonheur.

Sont abordés plus en profondeur ici les liens familiaux, à travers Hatoko et les Morikage, de Miyuki, la précédente épouse de Mitsurô, mais aussi via ses souvenirs de l'Ainée, qui réapparait par-ci par-là, par brides. 

Néanmoins, Ito Ogawa n'oublie pas le métier initial de sa protagoniste, c'est-à-dire écrivain public, et l'on rencontre d'autres destins de vie, faisant à chaque fois écho à ce que traverse Hatoko. La peur d'un divorce, la maladie ou encore le deuil. 

Il m'a toutefois manquée un petit quelque chose pour faire de ce roman un coup de cœur. Ce sont les situations laissées en suspens. Celle du Baron ? La correspondance avec Shizuko ? Quid d'un éventuel enfant à venir pour nos jeunes marié·e·s ? Ce ne sont que des petits détails, mais qui ont tout de même leur importance à mon sens.

L'esprit est très japonais, bien entendu, et c'est aussi une immersion dans ce monde que nous connaissons de loin que nous offre l'autrice. Un pays atypique avec ses manières de penser, ses coutumes et mœurs différentes. 

Je me suis laissée transporter dans cette république de bonheur, ce cocon qu'a réussi à se créer Hatoko et sa petite famille recomposée mais unie. Tout est assez beau et idyllique, et cette douceur ambiante est une force d'Ito Ogawa et que je prends goût à ressentir. L'autrice japonaise sait comment nous rendre heureux·se tout en livrant des œuvres profondes et aux réflexions multiples. 

Note : 4,25/5

samedi 8 octobre 2022

Le Goûter du Lion d'Ito Ogawa


Titre : 
Le goûter du lion
Autrice : Ito Ogawa
Genre : Littérature contemporaine
Editions : Philippe Picquier
Parution : 25 août 2022
Mots clés : maladie, fin de vie, japon


 
Résumé :

Ce qui fait de ce livre grave et pudique un roman solaire, c’est d’abord le lieu : l’île aux citrons dans la mer intérieure du Japon, qu’il faut gagner en bateau; et encore, l’image magnifique de l’union de la mer, du ciel et de la lumière : la   mer scintillante, illuminée par un incroyable sourire, surplombée par la Maison du Lion, ce lieu de paix où Shizuko a choisi de venir pour vivre pleinement ses derniers jours en attendant la mort.

Avec elle, nous ferons la connaissance des pensionnaires – ses camarades, ses alliés et pour tout dire, sa nouvelle famille – ainsi que de la chienne Rokka qui s’attache à elle pour son plus grand bonheur. En leur compagnie, il y aura aussi les goûters du dimanche où grandit peu à peu son amour de la vie quand on la savoure en même temps qu’un dessert d’enfance, une vie qui aurait le goût de la fleur de tofu, d’une tarte aux pommes ou des mochis-pivoines.

Mon avis :

J'avais déjà parlé de cette autrice sur mon blog, et de mon affection pour ses écrits. J'étais donc impatiente de découvrir son nouveau roman. Cela explique peut-être ma déception...

Ito Ogawa aime traiter de sujet divers et variés à travers une écriture poétique et délicate. De manière subtile et juste, elle distille de la douceur et de la mélancolie, nous pousse à apprécier le moment présent. 

Le Goûter du Lion, ne déroge pas à la règle. On retrouve cette ode à la vie. Dans son nouveau roman, l'écrivaine japonaise nous narre les derniers moments d'une jeune femme atteinte d'un cancer en phase terminale. 

Shizuko décide d'aller vivre sur l'île de Setouchi, réputé pour ses citrons et son calme intérieur, dans la maison du lion. Ce lieu est dédié aux personnes malades, dont les jours sont comptés. 

Shizuko y rencontre des personnages de tout-âge, qu'elle apprend à connaître, au fur et à mesure. Les disparitions de ces êtres peuplent le roman, et surviennent avant ou après le fameux goûter du dimanche après-midi. 

La description de ces moments de convivialité sont propres à l'univers d'Ito Ogawa. Avec la légèreté et l'humanité qui la caractérise, elle arrive à toucher, émouvoir. Ces en-cas sont l'occasion de découvrir les résident·e·s de la maison. Chaque habitant·e sélectionne une pâtisserie qui l'a marqué durant sa vie. Cela peut-être des brides d'enfance, des souvenirs liés à quelqu'un. Le met est accompagné d'un mot, décrivant son choix, permettant ainsi de plonger dans l'âme de l'autre. C'est pour moi la plus belle réussite de cet ouvrage, car j'ai retrouvé un peu ce qui m'avait tant fait aimer cette autrice.

En revanche, j'ai peu adhéré à l'omniprésence divine choisie par la japonaise. L'héroïne, se sachant sur la fin, se pose énormément de questions, mais surtout parle beaucoup de Dieu, du paradis, d'un au-delà. N'étant pas réceptive à cette croyance, j'ai été assez rebutée à force de la voir employée. Sans doute que le thème n'a pas aidé à se détacher de ce côté théologique. 

"La vie et la mort, en un sens, sont les deux face d'une même pièce."

Si Ito Ogawa ne tombe pas dans le pathos et que le récit n'est pas inintéressant, il me semble toutefois compliquée d'être positivif·ve à travers la fatalité qu'est la mort. 

Au final, j'ai été déçue par ma lecture car j'attendais beaucoup de ce livre. Cela explique probablement les couacs que j'ai pu rencontrer, que ce soit la nature presque biblique de l'œuvre ou encore le manque de lien avec les autres personnages. J'aurais aimé avoir davantage de lignes sur les destins de ces mourant·e·s, que les épisodes du goûter durent plus longtemps. 

On retrouve la pudeur et la mélodie de l'autrice dans Le Goûter du Lion, mais j'y est finalement été assez hermétique. L'histoire se veut optimiste, sincère, plein de bons sentiments. A travers son héroïne, on voit le monde qui nous entoure autrement, on profite de chaque instant, des petits bonheurs quotidiens. Cela n'a juste pas pris sur moi.

Note : 3/5

lundi 20 janvier 2020

Le restaurant de l'amour retrouvé d'Ito Ogawa



Titre : Le restaurant de l'amour retrouvé
Autrice : Ito Ogawa
Genre : Littérature contemporaine
Editions : Picquier 
Parution : 5 septembre 2013
Nombre de pages : 254
Mots clés : Japon, cuisine, rupture

Mon avis :

Rinco rentre un soir chez elle, et tout a disparu. Son fiancé, ses affaires, tout ce qu'elle possédait. Mais surtout, elle perd sa voix.
Suite à cela, elle décide de rentrer dans son village natal. D'ici commence la cohabitation avec sa mère, une relation difficile qui se déliera au fil du roman.

Rinco a un rapport particulier avec la cuisine. Auprès de sa grand-mère, avec qui elle a passé une partie de son adolescence et de sa vie de jeune femme. Puis par ses expériences dans de nombreux restaurants, en tant qu'apprentie. Notre jeune héroïne possède donc ce "don", celui de cuisiner, de savoir manier les aliments et transmettre quelque chose à travers cet art.

Dans une vieille remise, elle crée son restaurant, qu'elle nomme l'Escargot. Et durant le récit, plusieurs personnes vont ainsi défiler dans la vie de Rinco. Et chacune de ces rencontres s'accompagnent de demande particulière : cuisiner pour rendre amoureux, pour guérir un lapin, pour sceller un mariage etc.
Ito Ogawa aime décrire les préparations culinaires. Chaque étape est retranscrite de façon précise, aussi bien dans la concoction des plats que des ingrédients dont la cuisinière aura besoin.

Cette façon de conter rend l'ensemble à la fois poétique et ancré dans le réel. La magie de chaque instant est perceptible, et c'est une recette que l'autrice aime réitérer puisque l'on retrouve un schéma similaire dans La papeterie Tsubaki (sorti plus tard mais que j'ai découvert pour ma part avant).

J'ai néanmoins un petit bémol à émettre. J'ai eu beaucoup de mal avec la description d'un passage bien précis, et j'ai décroché à partir de ce moment-là. Les quarante dernières pages étaient donc plutôt difficiles à lire pour moi, mais le reste du roman était plutôt réussi.

En comparaison de La papeterie Tsubaki, il m'a manquée un petit quelque chose. Je l'ai trouvé moins émouvant, moins touchant. Mais globalement, la formule d'Ito Ogawa prend sur moi.

Note : 3,5/5

lundi 9 novembre 2020

C'est lundi, que lisez-vous ? - 15

On se retrouve pour un nouveau CLQLV ! Le "C'est lundi, que lisez-vous ?" est un article hebdomadaire adapté par Mallou du "It's Monday, what are you reading ?" du blog One person's journey through a world of books. Autrefois géré par Galleane, c'est aujourd'hui I believe in a pixie dust qui a pris la relève !

Comme la semaine dernière, j'ai très peu lu. Par manque de temps, d'énergie, de concentration et de diversités. Maigre bilan, donc, mais ce n'est pas très grave.

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?



J'ai été ravie de retrouver les personnages d'Ito Ogawa dans La république du bonheur, qui reste dans le même esprit que son précédent ouvrage. La petite dernière était une lecture rapide, brute et percutante qui mérite qu'on s'y intéresse à mon avis. Des nœuds d'acier montre l'atrocité de l'être humain, et si le thème avait de quoi me plaire, j'avoue m'être ennuyée dans sa globalité. Côté manga, je débute Hero Tales, une courte série en cinq tomes qui m'ambiance assez pour le moment ! 

2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?  



En dehors de Dracula qui ne cesse de prendre la poussière, j'ai débuté Thornhill, un roman graphique sombre qui m'intrigue beaucoup. 

3. Que vais-je lire ensuite ? 



J'avoue que je ne sais pas trop vers quel roman je vais me tourner ensuite, mais ça sera un de ceux ci-dessus !

Mes articles livresque de la semaine passée ?


lundi 10 octobre 2022

C'est lundi, que lisez-vous ? - 36

 C'est lundi, que lisez-vous ?

Nouveau lundi, nouveau CLQLV ! Le "C'est lundi, que lisez-vous ?" est un article hebdomadaire adapté par Mallou du "It's Monday, what are you reading ?" du blog One person's journey through a world of books. Autrefois géré par Galleane, c'est aujourd'hui I believe in a pixie dust qui a pris la relève.


1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?


Trois romans lus cette semaine, dont deux de la rentrée littéraire de 2022. J'ai débuté ma semaine avec Le goûter du Lion d'Ito Ogawa. J'ai ensuite découvert l'oeuvre d'Annie Ernaux avec son livre le plus marquant, L'évènement, juste avant l'annonce de son prix Nobel de littérature. Elle parle de l'avortement qu'elle a subit, en un temps où c'était encore interdit... Enfin, j'ai plongée dans l'univers philosophique du Bord du monde est vertical. Une oeuvre atypique, qui m'a beaucoup fait penser à La Horde du Contrevent avec un zeste de Bérangère Cournut. J'ai aimé l'écriture, le déroulé de l'histoire mais je l'ai trouvé malheureusement trop survolé. J'en parlerai ultérieurement dans une chronique détaillée. 

Côté manga, maigre semaine avec deux premiers tomes de shojo. Les fées, le Roi-Dragon et moi (en chat) est bien plus intéressant qu'il ne laisse présager. Une vraie surprise ! En revanche, Shinobi Quartet était moins prenant, même si drôle et sympa à suivre. 


2. Que suis-je en train de lire en ce moment ?


Toujours les premiers tomes de Vicious et Vaisseau d'Arcane que je n'ai pas continué. Dans les transports, j'ai à peine débuté Mes vrais enfants de Jo Walton. Ce titre me faisait de l'oeil depuis un moment, j'espère apprécier ma lecture. 


3. Que vais-je lire ensuite ? 


Si Les gens de Bilbao naissent où ils veulent est revenu de prêt, ce sera ma prochaine lecture. Sinon, je piocherai dans mes emprunts de ma bibliothèque de secteur. 

Des BD et des mangas attendent -dans la poussière- que je les ouvre enfin... J'ai notamment deux ouvrages de la bibliothèque que je dois lire impérativement. 


4. Mes articles livresque des semaines passées ?




Je vous souhaite une très belle semaine et vous donne rendez-vous lundi prochain pour un nouveau CLQLV !

jeudi 30 janvier 2020

Bilan livresque - Janvier 2020

Un début d'année plutôt calme, niveau lectures. J'ai lu 6 romans, et une dizaine de mangas et de BD. En tout, j'ai lu 33 livres (car je compte aussi des albums jeunesse que je n'ai pas intégré à cet article).
Je conseille :
- en romans, le Chuchoteur et Nevermoor, même si j'avais préféré le premier tome à celui-ci;
- en mangas, une nouvelle fois Jardin Secret, un petit bijou de shojo;
- en BD, Bergères Guerrières.


ROMANS




MANGAS / BD



Chroniques sur le blog :


samedi 2 janvier 2021

Top livres 2020

Le bilan tant attendu est arrivé; celui concernant mes lectures de l'année. 2020 fut riche et très livresque. Au total, j'ai lu 419 livres. C'est énorme, mais dans ce total, on retrouve 92 romans. Le reste est composé d'albums, de mangas et de BD. Sachant cela, vous pensez bien qu'il m'était très compliqué de sélectionner mes lectures préférées de 2020...

Ps : pour retrouver mon avis -si il y en a- appuyer sur les photos ou le titre des œuvres !


Albums de l'année



C'est mon arbre d'Olivier Talec
La plus belle crotte du monde de Marie Pavlenko et Camille Garoche
Jules et le renard de Joe Todd Stanton
Un petit bisou ? d'Eoin McLaughlin et Polly Dunbar
Ce sympathique Monsieur Renard de Susannah Lloyd et Ellie Snowdon
Le livre qui n'aimait pas les enfants de Christine Naumann-Villemin et Laurent Simon

Mangas de l'année



Waiting For Spring d'Anashin
Banale à tout prix de Nagamu Nanaji
Kingdom de Yasuhisa Hara
L'atelier des Sorciers de Kamome Shirahama
L'attaque des titans de Hajime Isayama

BD de l'année



Heartstopper, tomes 2 et 3 d'Alice Oseman
Speak de Laurie Halse Anderson
Peau d'Homme d'Hubert et Zanzim
5 Mondes, tome 4 de Mark Siegel, Alexis Siegel, Xanthe Bouma, Matt Rockefeller et Boya Sun

Documentaires/témoignages/autobiographies de l'année


Foulards et Hymens : pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle de Mona Eltahawy
Le racisme est un problème de blancs de Reni Eddo-Lodge
Histoires du soir pour filles rebelles, tome 2 d'Elena Favilli et Francesca Cavallo
Messages de mères inconnues de Xinran

Romans de l'année



La planète des singes de Pierre Boulle
La faucheuse : Thunderhead de Neal Shusterman

Ils ont aussi fait mon année...


Chavirer de Lola Lafon
Carry On de Rainbow Rowell