MENU
Affichage des articles dont le libellé est films. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est films. Afficher tous les articles

jeudi 4 février 2021

Your Name Engraved Herein


 Titre : Your Name Engraved Herein
Réalisateur : Liu Kuang-hui
Distribution :  Edward Chen, Tseng Jing-hua, Fabio Grangeon
Genre : Drame
Date de sortie (première sortie): 30 septembre 2020
Durée : 1h54
Mots clés : amour, homosexualité, religion, LGBTQIA+, Taiwan



Résumé :

En 1988, en pleine période de la liberté de la loi martiale, à Taïwan, Chang et Birdy, deux camarades de lycée, se lient d'amitié. Un jour, lors du congé pour respecter les funérailles du président Chiang Ching-kuo, ils errent en ville, très inspirés par l’amour fraternel et la liberté. Quelques jours passent, Chang se prend d'affection pour Birdy qui, tout confus, semble gêné et le repousse en lui disant qu’il est amoureux d'une fille. Après cet incident, ils se perdent de vue deux décennies durant avant de se retrouver dans une ville par hasard…

Mon avis : 

Disponible sur Netflix, Your Name Engraved Herein m'a intriguée après avoir découvert la chanson phare du film sur Spotify. Rare sont les films asiatiques à aborder le thème de l'homosexualité. 

Dans le Taïwan de la fin des années 1980, on suit la destinée de deux adolescents élèves dans une institution catholique. Les deux garçons se rencontrent en cours de sport, et ne vont plus se quitter. 

Leur relation est très ambiguë, et l'on comprend que Birdy peine à freiner son attirance pour Han. Avant que ce dernier ne se rende compte que son ami ne le laisse pas indifférent, après qu'une femme s'immisce entre eux...

La première partie du film mêle plusieurs temporalités. On part de Han qui raconte son désarroi au père Oliver. Ce sont ses souvenirs qui composent la grande partie de Your Name Engraved Herein. Avant que l'on arrive à la situation fatidique, au jour ultime, au déchirement et puis à la vie d'adulte. Si j'ai moins adhéré au dernier pan de l'intrigue, il semble néanmoins logique. 

Your Name Entraved Herein prend son temps. Les plans sont beaux, épurés. On apprend à connaître nos deux héros, à s'attacher à eux, à partager leurs doutes, leur combat. 

Si vous cherchez de l'action, passez votre chemin. En revanche, si vous aimez les émotions, l'osmose entre deux êtres et la complexité des sentiments, alors vous tomberez sous le charme de ce film. 

J'ai aimé : les acteurs, l'histoire belle et déchirante entre deux êtres

J'ai moins aimé : les nombreux flashback qui ralentissaient et gâchaient parfois l'émotion du film

Note : 3,25/5

jeudi 31 décembre 2020

Top films 2020

Plongeons un peu plus dans mes tops de l'année, avec cette fois-ci celui concernant le cinéma... En tout, j'ai visionné 141 films, avec du très bons comme du mauvais.

Il fut extrêmement ardu de choisir les meilleurs parmi cette liste, car nombre d'entre eux méritait d'être présent dans cet article. Néanmoins, j'ai décidé et réussi à réduire aux 15 heureux élus que voici. 

15. La planète au trésor

Cette année, le confinement et Disney Plus ont eu raison de moi... J'ai ainsi pu découvrir, pour la première fois, La planète au trésor. Jim Hawkins est un héros intrépide, plein de charmes et de ressources. Son côté fougueux et sa rage de vivre m'ont plu et j'ai adoré suivre ses aventures à travers la galaxie. 

14. Elephant Man

Le chef d'œuvre de David Lynch. Il est d'une beauté et d'une tristesse infinie, un concentré d'émotions sublimé par la réalisation tout en noir et blanc. 

13. Jeune Juliette

La pépite québécoise de l'année ! Jeune Juliette aborde des thèmes chers à mon cœur : la grossophobie, la confiance en soi, l'amitié et l'amour, à travers son héroïne attachante et sincère. C'est drôle, c'est vrai, c'est touchant ! 

12. La leçon de piano

Un autre classique découvert cette année, et je ne savais pas qu'il était aussi mélancolique, émouvant et poignant. 

11. Parasite

Nul besoin de présenter ce film ultra-primé, et à juste titre. Parasite fut une vraie claque cinématographique, à la fois par son scénario que par tout ce qu'il dénonce. 

10. Edward aux mains d'argent

En 2020, je me suis pas mal penchée sur la filmographique de Tim Burton, et Edward aux mains d'argent fut mon préféré parmi ceux visionné. Le personnage d'Edward est bouleversant et l'histoire à la fois belle et dramatique. 

9. Dracula

Avant de lire ce classique de littérature fantastique, j'étais tombée sous le charme de son adaptation cinématographique. Francis Ford Coppola a recrée l'ambiance gothique du bouquin en rajoutant des éléments nouveaux à son intrigue, lui procurant un romantisme certain et une magnificence plus poussée encore.

8. L'étrange Noël de Monsieur Jack

Pas totalement un film de Burton, mais la patte est tout de même indéniable. J'ai été envoutée par l'imagination de ce film, d'une originalité sans pareil, avec ce Jack qui souhaite à tout prix mêler sa personnalité et la magie de Noël. 

7. Indiana Jones et la dernière croisade

En vrai, j'aurais pu mettre le premier Indiana Jones aussi tant j'ai apprécié les deux. Mais j'ai décidé de retenir le troisième opus, car la présence du père d'Indy apporte une vague de fraicheur qui a su me procurer des fous rires incroyables. 

6. States of Grace

Rarement ai-je été aussi émue qu'en regardant States of Grace. Grave sont les sujets abordés, mais doux amer est la façon dont ils sont traités... à la fois chaleureux et douloureux.

5. Ghostbusters

C'est kitch à mort, mais qu'est-ce que j'ai adoré ! Les effets spéciaux vieillis, le personnage principal détestable au possible mais qui arrive à ses fins, ses acolytes délurés et une histoire tirée par les cheveux; tout pour me plaire, donc !

4. Starship Troopers

On continue dans les films cultes et déjantés avec Starship Troopers. Cette satire de la société américaine, capitaliste et obnubilée par la guerre est juste magistrale. 

3. Green Book : sur les routes du sud

J'en avais parlé sur mon blog mais je le redis : Green Book est un film magnifique, porté par des acteurs au meilleure de leur forme, mêlant le drame social, les inégalités, le racisme et les différences. Une comédie dramatique dans toute son essence.

2. Le monde de Charlie

Autre œuvre évoquée ici, j'en rajoute une couche pour souligner à quel point ce film m'a chamboulée. Aujourd'hui encore, je frissonne en y repensant tant il fait écho à plein de choses chez moi...

Et le numéro 1 est... Blade Runner

En plus d'être tombée raide dingue d'Harrison Ford, je suis restée sur le cul pendant mon visionnage de ce chef d'œuvre absolu de la SF. Entre le mystère Dickard et les replicants, mené par l'énigmatique Roy, ce film nous pousse dans nos retranchements, joue avec notre cœur et notre cerveau. Un incontournable. 

N'hésitez pas à me suivre sur sens critique pour creuser encore plus dans mes trouvailles et on se retrouve en 2021 avec mes derniers bilans !

mercredi 22 juillet 2020

Witness


Titre : Witness
Réalisateur : Peter Weir
Distribution :  Harrison Ford, Kelly McGillis, Lukas Haas, Jan Rubes, Josef Sommer, Alexander Godunov,  Viggo Mortensen et Danny Glover
Genre : Thriller/Romance
Date de sortie (en France): 22 mai 1985
Durée : 1h52
Mots clés : Amish, meurtre, témoin, amour

Mon avis : 

D'apparence, Witness semble être un thriller classique : un enfant est témoin d'un meurtre. Etant le seul présent sur les lieux du crime, il est écouté par John Book. Lorsque ce dernier va comprendre que le crime provient de policiers corrompus, il va devoir fuir et se réfugier dans la communauté Amish de Samuel et de sa mère Rachel.

Si l'intrigue n'est pas inédite (la corruption chez les flics, une fuite obligée), la majeure partie du film se passe en réalité au sein de la société Amish de Pennsylvanie. 

John Book est un "anglais", un étranger, qui doit cohabiter avec ce groupe dont il ne partage pas les idées ni les mœurs. Les Amish sont vu·e·s comme des êtres à part, refusant les nouvelles technologies et le progrès. On se croirait revenu plusieurs siècles auparavant -ce n'est d'ailleurs pas qu'une impression.

Ce portrait des Amish est fait sans jugement. Ni négatif ni positif, le réalisateur dresse plutôt une vision réaliste d'un groupement pacifiste (refusant la violence et les armes), uni et patriarcal

Dans ce tableau va naître une histoire d'amour entre notre inspecteur et la mère du témoin, Rachel. Tellement que cela éclipse même l'intrigue policière. A l'instar des romances vouées à l'échec, les liens se font de façon succinctes, et sont seulement perceptibles à des instants clés. Cela crée des scènes plaisantes et touchantes, comme la danse entre les deux protagonistes dans la ferme Lapp. 

Sans être un grand film, Witness est plutôt une bonne surprise. On passe un moment sympathique et on apprécie découvrir des acteurs encore méconnus à l'époque, comme Viggo Mortensen ou Danny Glover. Mais surtout, on retrouve Harrison Ford dans un autre rôle, après les fameux Star Wars, Indiana Jones et Blade Runner. Il livre une performance juste et sincère, face à une Kelly McGillis émouvante en mère de famille partagée entre sa communauté et son amour naissant. La fin des années 1970 et les années 1980 étaient décidément l'époque de ce magnifique -dans tous les termes du mot- acteur qu'est Harrison Ford.

Note : 3,5/5


samedi 18 avril 2020

Les films dit "cultes"

Comme la littérature, et comme chaque art semble t-il, le cinéma n'échappe pas à la règle des classiques.

Combien de fois ne vous a t-on pas dit "tu n'as jamais vu ce film ? C'est un classique!" Et alors ?
Que ce soit en littérature ou dans le cinéma, il y a ces espèces d'intouchables, ces chefs d’œuvres dont on nous bassine à longueur de journée. Et bien sûr, si l'on a pas vu ces dits chefs d’œuvres, nous ne sommes pas de vrai·e·s cinéphiles.

Je passe un coup de gueule à ces détracteur·rice·s. Non, je n'ai jamais vu Pulp Fiction et je le regarderai un jour si l'envie m'en dit. Si je ne souhaite pas regarder des films datant de plus de cinquante ans, c'est mon droit. Si je n'ai pas envie de me taper 4h pour voir Autant en Emporte le Vent, grand bien m'en fasse. Et cela ne fait pas de moi quelqu'un de moins passionné.


Oui, les réalisateur·rice·s actuel·le·s sont influencé·e·s par des films plus anciens. N'est-ce pas notre lot à tous·tes ? Vais-je pour autant passer à côté de certaines références ? Certainement. Cela entachera t-il mon expérience cinématographique ? A l'heure d'aujourd'hui, je n'en ai pas l'impression.

Je pense, comme dans tout art, que chacun·e est libre d'aimer ce qu'iel désire, et qu'il ne faut pas se forcer pour rentrer dans des cases. On peut s'y pencher par curiosité, bien entendu. Et on a aussi le droit de ne pas apprécier certaines œuvres pourtant adulées. 
Oui, je suis légitime de ne pas avoir aimé Stromboli, Les Temps Modernes ou encore dans les plus récents Super 8, Projet X, Ready Player One ou Avatar. Car oui, le cinéma c'est subjectif, que ça vous plaise ou non.


Le cinéma, c'est aussi un art qui va avec son temps. Il reflète d'une époque révolue, et parfois, on ne peut s'attacher comme quelqu'un ayant vécu à ce moment-là l'aurait fait. Il y a des films qui vieillissent mal, et d'autres qui traversent le temps. Ils peuvent donc soit nous intéresser pour découvrir une société méconnue pour nous soit nous barber ou nous faire lever les yeux au ciel avec des remarques sexistes/grossophobes/racistes et j'en passe, qui étaient tolérées (qui sont toujours là, mais soit).

Cette année, j'ai découvert pour la première fois des films cultes. Et je n'ai pas honte de le dire et de le faire maintenant. On a tous·tes des parcours de vies différents, on a tous·tes grandi avec des choses différentes. Et c'est bien. Je n'ai donc pas de gêne à dire que j'ai vu pour la première fois en 2020 Ghostbusters, La Famille Addams, Bettlejuice, Mad Max, No Country for Old Men, Raging Bull, L'étrange Noël de Monsieur Jack, Bambi, Les Goonies ou encore Snatch. Et j'ai aussi le droit de dire que j'ai trouvé Les Goonies chiant et grossophobe ou encore que Raging Bull présentait un personnage ignoble et que j'ai trouvé le film vraiment pas terrible. Tout comme je comprends l'engouement pour Ghostbusters ou pour l'étrange Noël de Monsieur Jack qui m'a touchée.
Et vous savez le meilleur ? C'est qu'il me reste un tas de films à découvrir, considérés comme "cultes" ou non. Et des nouveaux s'y ajoutent toujours.


Mes préférences ne sont pas celles des autres, et c'est aussi ce qui fait la beauté de la chose. Il faut arrêter ces jugements de valeurs quand quelqu'un n'aime pas ce que nous on adore et porte en adoration. CHACUN SES GOÛTS.




Liste non exhaustive de films que j'ai aimé, et que je recommande (et que vous êtes libres de regarder ou non, d'aimer ou non, tout comme j'accepte les recommandations avec plaisir) :

- Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee (2005) 
- Crows Zero de Takashi Miike (2007)
- Dernier train pour Busan de Yeon Sang-Ho (2016)
- A Bittersweet Life de Kim Jee-Woon (2005)
- 3 Billboards, les panneaux de la vengeance de Martin McDonagh (2018)
- Le Bon, la Brute et le Cinglé de Kim Jee-Woon (2008)
- Kubo et l'Armure magique de Travis Knight (2016)
- Usual Suspects de Bryan Singer (1995)
- Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda (2018)
- Incassable (2000) et Split (2016) de M. Night Shyamalan 
- Mad Max : Fury Road de George Miller (2015)
- Saw de James Wan (2004)
- Ça, partie 1 d'Andy Muschietti (2017)
- Le Discours d'un roi de Tom Hooper (2010)
- Prisoners de Denis Villeneuve (2013)
- Phantom of the Paradise de Brian De Palma (1974)
- Cloud Atlas de Lilly Wachowski, Lana Wachowski et Tom Tykwer (2012)
- Le Cercle des poètes disparus de Peter Weir (1989)
- Le Monde de Charlie de Stephen Chbosky (2012)
- Mother de Bong Joon-Ho (2009)
- Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase (2015)
- God Bless America de Bobcat Goldthwait  (2011)
- Les Vikings de Richard Fleischer (1958)
- Creed de Ryan Coogler (2015)
- Le Labyrinthe du silence de Giulio Ricciarelli (2014)
- District 9 de Neill Blomkamp (2009)
- 13 Assassins de Takashi Miike (2010)
- The Man from Nowhere de Lee Jeong-Beom (2010)
- Fury de David Ayer (2014)
- Fighter de David O. Russell (2010)
- J'ai rencontré le diable de Kim Jee-Woon (2010)
- Des hommes sans loi de John Hillcoat (2012)
- Furyo de Nagisa Ôshima (1983)
- 21 Jump Street (2012) et 22 Jump Street (2014) de Phil Lord et Christopher Miller
- The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (2014)
- Le Stratège de Bennett Miller (2011)
- Coraline d'Henri Selick (2009)
- Spotlight de Tom McCarthy (2015)
- The Raid de Gareth Evans (2012)
- Crimson Peak de Guillermo del Toro (2015)


lundi 16 mars 2020

Lady Bird

 

Titre : Lady Bird
Réalisatrice : Greta Gerwig
Distribution :  Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts, Lucas Hedges, Timothée Chalamet et Beanie Feldstein
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie (en France): 28 février 2018
Durée : 1h35
Mots clés : Etats-Unis, adolescence, relations mère-fille, premiers amours

Mon avis : 

Lady Bird, c'est l'histoire de Christine. Mais elle préfère qu'on l'appelle Lady Bird. Elle habite Sacramento, une ville moyenne de Californie. Lady Bird est une adolescente pleine de fougue et d'idées, artiste, qui n'a pas sa langue dans sa poche et souhaite découvrir la vie. Avec son amie Julie, elles font les quatre-cent coups au sein de leur institut catholique privé

Lady Bird, c'est aussi l'histoire d'une jeunesse qui se cherche. Une insouciance et une volonté d'expérimenter. Cela passe notamment par les premiers émois amoureux, et notre héroïne va les connaître. Avec Danny. Avec Kyle. Lady Bird est à l'image de cet âge où tout est nouveau, tout est encore à apprendre.

Lady Bird ne va pas faire que des bons choix. Mais elle en tirera des leçons, et c'est une ode à la vie qu'on ressent durant ces 90 minutes de film, qui aurait même mérité d'être rallongé selon moi.

Lady Bird, c'est aussi un film mettant en scène une relation difficile entre une mère et une fille, pleine d'incompréhension mais non dénuée d'amour. Et ce lien est dépeint de manière disparate, distillé par-ci par-là, tantôt fait de sentiments chaleureux, tantôt de disputes. Mais la mère et la fille s'aiment.

La ville de Sacramento est aussi décrite de manière affectueuse, par une réalisatrice native de cet endroit. Et on sent que Lady Bird, c'est un peu Greta adolescente. C'est une cité qui ne fait pas rêver, mais qui est pleine de souvenirs et de personnes auxquelles l'héroïne tient.

Julie notamment est un personnage que j'ai particulièrement apprécié; une fille pétillante, loyale et amicale. Et quel plaisir de voir une actrice grosse non moquée, rejetée ni décrite uniquement par son poids. Elle est seulement Julie, l'amie de Christine, qui rigole et pleure comme tout le monde. Une représentation importante pour ces filles grosses sans vraiment de modèle.

Un film très sympa, qui passe à une vitesse, porté des actrices impeccables et rayonnantes. J'ai aimé les messages portés par ce film, la trame et la conclusion. 


Note : 4/5

mercredi 11 mars 2020

Green Book : Sur les routes du sud


Titre : Green Book : Sur les routes du sud
Réalisateur : Peter Farrelly
Distribution :  Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini, Iqbal Theba et Dimiter Marinov
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie (en France): 23 janvier 2019
Durée : 2h10
Mots clés : racisme, Etats-Unis, amitié

Mon avis : 

Le film avait été ovationné à sa sortie, primé à de nombreuses reprises. Et après visionnage, je rejoins l'opinion générale. 

L'histoire se passe en 1962. Tony Lip est un américain d'origine italienne, qui travaille dans une boîte en tant que "chargé des relations publiques". Comprendre ici réglage des conflits par la force. Par un ensemble de circonstances, le lieu doit fermer et Tony n'a pas d'autres choix que de dégoter un nouveau job. Et c'est ainsi qu'il va faire la rencontre du Dr Don Shirley, qui s'avère ne pas être médecin mais musicien. 

Ensemble, ils vont sillonner les routes du sud des Etats-Unis. Et être confrontés à l'hypocrisie, au racisme et aux préjugés

Tony Lip nous est présenté au début comme un homme emprunt d'un rejet pour les personnes de couleurs. Sa rencontre avec Don Shirley va bien entendu changer la donne. 
Ses idées préconçues vont être mise à mal. Non, un homme noir n'est pas forcément adepte de soul, de poulet frit ou de maïs. La couleur de peau n'induit pas des comportements ou des préférences. Au fur et à mesure, il va ouvrir son cœur et s'attendrir. Viggo Mortensen interprète de façon juste cet homme qui découvre et s'ouvre à des univers encore inconnus jusqu'à alors. 

De son côté, Don Shirley est exposé comme un génie de la musique, mais solitaire, différent et en marge d'une société qui l'accepte tout en le rejetant. Car si l'on introduit le musicien dans les plus beaux salons, une fois le spectacle terminé, il redevient cette personne de couleur qu'on dénigre. 

Green Book : Sur les routes du sud montre tout au long du film ce racisme ambiant qui régnait aux Etats-Unis à l'époque, et qui fait encore écho à la société actuelle. Et le personnage de Don Shirley est tellement puissant, mélancolique et percutant que l'on comprend pourquoi Mahershala Ali a été récompensé pour ce rôle. 

On rigole, on s’émeut, on se réchauffe le cœur avec cette oeuvre humaine, vraie et qui fait du bien. Deux heures de bonheur.


Note : 4,75/5


jeudi 27 février 2020

Daria Marx, ma vie en gros


"Daria Marx, ma vie en gros" est un documentaire qui est passé le 25 février 2020 sur France 2. 
Je l'ai vu en replay le lendemain, et j'ai décidé d'en parler aujourd'hui car c'est un sujet important et qui me touche personnellement.

Daria Marx, pour ceux·celles qui ne le savent pas, est une femme grosse. Elle est active sur les réseaux sociaux, a crée "Gras Politique" et rédigé avec Eva Perez-Belle Gros n'est pas un gros mot.


Dans ce documentaire d'une cinquantaine de minutes, on est plongé·e·s dans le quotidien de Daria et de plusieurs de ses proches. Elle y raconte son parcours, et toutes les violences qu'elle a pu rencontrer tout au court de sa jeune vie et qu'elle subit encore aujourd'hui. 

La grossophobie existe, et ce documentaire est là pour appuyer des propos que Daria, Eva et les autres essayent de faire entendre. Oui, une femme grosse aura moins dix fois moins de chance d'être embauchée qu'une femme normée. Oui, une femme grosse subira des moqueries et des brimades plus ou moins violentes dans sa vie, que ce soit scolaire, personnelle ou professionnelle. Oui, une femme grosse sera regardée, insultée, humiliée, violentée, parce que grosse. Oui, un·e gros·se aura du mal à accéder aux transports en commun, devra se contorsionner pour passer les portiques ou les allers des trains. Parce que la société ne veut pas des gros·ses. Parce qu'on fait tout pour nous cacher.

Je dis nous, car je suis grosse. Je ne suis peut être pas concernée par tout ce qui a pu se dire dans ce documentaire. Je ne galère pas autant que ces femmes à me vêtir, on ne me regarde pas de travers lorsque je m'assoies à côté de quelqu'un d'autre dans le métro. Il n'empêche que des propos grossophobes, j'en ai subis et j'en entends encore. Des choses anodines du quotidien, que l'on côtoie tous·tes. Des "j'ai mangé comme un·e gros·se", alors que tu es juste à côté, de la part d'une collègue de travail ou d'une amie.

Sur le plan personnel, je ne suis jamais passé par la case diététicienne pour suivre un régime. Au collège, j'étais grosse, mais je n'ai pas été victime de tant d'harcèlement que ça. Bien entendu, je séchais la piscine et préférais avoir zéro en sport plutôt que d'aller en endurance. Car on sait tous·tes ce qu'on risque de se prendre dans la face en y allant. Le regard des autres influent sur notre vision de nous-même. Les remarques, les injures, ça nous détruit à petit feu. Encore aujourd'hui, je ne peux plus aller à la mer, à la piscine ou dans une salle de sport. Je ne mets pas de robe sans collant. Toutes ces privations, elles sont dues à toute cette suite d'événements qui aujourd'hui ont construit ma façon d'être.

Daria, Eva, Sophia, Anouch et Crystal parlent dans ce documentaire de la grossophobie. De leurs vécues. De la violence des médecins, de la famille, de leurs soi-disant ami·e·s, de leurs relations amoureuses. Elles galèrent à trouver du boulot, essayent de vivre car elles sont des êtres humains, comme tout le monde. On cherche à nous masquer, et on nous porte en exemple uniquement dans le cadre de régime. "Mangez bougez et vous ne deviendrez pas comme ça". Comme si la vie était si simple. Comme si le fait d'être gros était seulement dû au fait de manger. Ce documentaire est aussi là pour ça. Expliquer et comprendre les enjeux de la grossophobie, c'est en premier lieu intégrer qu'être gros·se implique des facteurs variés et différents. La précarité, les violences enfantines, les TCA, le stress, l'anxiété. Le schéma classique que l'opinion publique a est tellement loin de la réalité. Mais au fond, les normé·e·s s'en fichent. Ce qui compte, c'est d'effacer ces gros·se·s. Et si iels se font trop entendre, de les enfoncer pour qu'iels finissent par craquer. Combien de fois n'a t-on pas vu des gros·se·s se faire lyncher en place publique parce qu'iels ont osé se montrer, s'exprimer ? On nous déshumanise, et "Daria Marx, ma vie de gros" le montre très bien.

Ce documentaire m'a parlée car je me suis retrouvée dans ce que pouvait dire ces femmes courageuses, qui s'assument malgré un parcours de vie chaotique. Je les admire et je suis de près ce qu'elles font, auprès du collectif Gras Politique ou sur les réseaux sociaux. J'ai recommandé chaudement ce visionnage à mon copain et à mes amies pour qu'iels comprennent. Ce que c'est que d'être gros·se aujourd'hui en France, ce que ça implique, ce qu'on endure. C'est une discrimination qui doit être entendue, n'en déplaise à ceux·celles qui essayent de nous réduire au silence. 

Merci Daria Marx, merci à tous·tes celles qui ont pris la parole, dans ce documentaire ou ailleurs. Merci à des femmes comme Boréale d'exister et de participer activement à cette lutte. Nous sommes grosses et nous ne nous tairont pas.