vendredi 16 octobre 2020
Coraline de Neil Gaiman
jeudi 15 octobre 2020
Princesse Princesse de Katie O'Neill
Princesse Princesse, c'est la rencontre entre Sadie, la prisonnière d'une tour, et Amira l'intrépide. Au détour d'une promenade, la chevalière en herbe aperçoit la jeune blonde en haut de son donjon.
Katie O'Neill part de ce schéma classique pour donner une toute autre image des contes. Après avoir été délivrée, nos deux héroïnes vont sillonner le pays et aller d'aventures en aventures. Elles vont rencontrer un prince peureux mais gentil, un ogre incompris ou encore un monstre sanguinaire aux ordres d'une souveraine cruelle. Cette dernière est bien entendu l'ennemi principal de l'histoire, celle qu'il faut vaincre.
La méchante reine, c'est la grande sœur de Sadie. Elle est dépeinte comme une femme assoiffée de pouvoir, ayant évincée Sadie du trône et haineuse. Elle l'attaque sur son physique et ne cesse de la mettre en boîte, jalouse en réalité de l'amour que ressent les sujets pour sa petite sœur.
Tout est tournée en dérision dans Princesse Princesse et casse les codes du contes à travers des situations loquaces, drôles et décalées. Sadie n'est pas une princesse en détresse et sait se défendre, aidée par une Amira plus douce et torturée qu'on ne le croit.
Les traits sont épais et les couleurs vives, ils collent à l'univers atypique que l'autrice a mis en place. La BD n'est pas très abondante, c'est peut-être là son défaut principal, même si il y a suffisamment de pages pour créer une histoire cohérente. Mais on aurait aimé en avoir davantage, notamment entre Sadie et Amira ou encore dans l'épilogue.
Princesse Princesse est une œuvre à découvrir pour être à la fois charmée par les deux protagonistes, égayée par les moments loufoques et happée par l'intrigue simple mais efficace. Ce n'est pas tous les jours que l'on a, dans un one shot destiné à un public jeune, une romance entre deux filles et de la diversité. Rien que pour ça, on dit merci à Katie O'Neill.
Note : 4,25/5
lundi 12 octobre 2020
C'est lundi, que lisez-vous ? - 11
samedi 10 octobre 2020
Nickel Boys de Colson Whitehead
Après Underground Railroad, Colson Whitehead fut de nouveau récompensé par le prix Pulitzer pour Nickel Boys. Dans cet ouvrage, l'auteur s'intéresse à la ségrégation des Noir·e·s aux États-Unis dans les années 60.
Nickel, c'est le nom d'un établissement de correction chargé de "remettre dans le droit chemin" des adolescents punis pour des crimes divers et variés. Suite à une erreur judiciaire, Elwood va être transféré dans ce lieu à la réputation désastreuse. Une fois sur place, il fera la rencontre de plusieurs garçons, dont Turner avec qui il nouera une amitié solide.
Le récit est raconté du point de vue d'Elwood, ce jeune homme plein d'espoir et de justice, écoutant les discours de Martin Luther King et souhaitant faire entendre sa voix. Son séjour à Nickel Boys est un coup dur et le marquera indubitablement, sans changer l'essence même de son être.
Ce roman est inspiré d'un fait réel, seuls les noms des lieux et des personnages ont été changés. Il est le reflet d'une société américaine raciste, où Noirs et Blancs sont inégaux à tout point de vue. À Nickel Boys, les Blancs sont mieux traités, mieux lotis, tandis que les Noirs sont battus, violentés, disparaissent et meurs dans l'indifférence générale.
Une multitude de violence est représentée dans cette histoire. La maltraitance policière et carcérale est réelle, à travers les gardiens du centre floridien. Blancs, ils usent de différents moyens pour torturer les garçons Noirs.
C'est aussi les conséquences sur la vie d'autrui, car personne n'est ressortie indemne de ce séjour à Nickel. Que ce soit notre narrateur, ou les autres noms évoqués de-ci de-là, les blessures physiques et mentales n'ont pas été soignées.
Ayant plusieurs temporalités, ce livre aborde le Ku Klux Klan, JFK ou encore Nixon. Si la place de la période Nickel est la plus importante, l'intrigue comprend également la vie d'Elwood quarante-ans après ou encore la jeunesse du garçon intelligent et rêveur.
Nickel Boys contient un rebondissement qu'on aurait pas pu deviner. Il nous donne envie d'y croire, d'espérer alors même que l'on sait ce qui nous attend. On veut que tout aille mieux pour ces garçons que la vie ne cesse de briser.
Il m'a néanmoins manquée quelque chose pour en faire une lecture davantage marquante. Contrairement à l'œuvre précédente de Colson Whitehead, je suis parfois passée à côté de certaines descriptions, pas été autant émue que pressentie. Toutefois, Nickel Boys est un ouvrage important pour tout ce qu'il évoque. Il est encore criant d'actualité, tant l'oppression des Blanc·he·s sur les Noir·e·s est une réalité encore bien ancrée.
Note : 3,75/5
jeudi 8 octobre 2020
You My Baby d'Aoi Tomosue
Un petit shojo en un volume, sans fioritures ni surprises, mais agréable; voici comment l'on pourrait résumer You my baby, le one shot d'Aoi Tomosue.
On suit Yû, une jeune adolescente qui préfère jouer avec ses ami·e·s plutôt que s'intéresser aux histoires de cœur et autres joyeusetés "de grand·e·s". Mais elle va faire la connaissance de Sora, surnommé Ten, un garçon immense, peu pris au sérieux par les autres et toujours serviable.
Le schéma est somme tout classique; un garçon un peu gentil et une jeune fille boute-en-train vont se rapprocher petit à petit. Néanmoins, le tout est fait à peu près dans la bienveillance -toujours une ou deux petites piques sur le physique, mais ça... bienvenue au Japon- et pas dans la précipitation, malgré le fait que ce soit un one shot.
J'ai apprécié les deux personnages, des lycéen·e·s sincères et pures, un peu à côté de la plaque parfois mais qui construisent au fur et à mesure une relation douce et attachante. Leurs caractères se marient bien et leur relation crédible.
Au final, j'ai passé un moment sympa en lisant cette romance lycéenne qui ne révolutionne pas le genre mais qui permet de montrer en douceur les premiers émois à l'adolescence, comment évoluent nos sentiments, durant cette période charnière.
Note : 3,5/5
mercredi 7 octobre 2020
Marx dans le jardin de Darwin d'Ilona Jerger
lundi 5 octobre 2020
Top 10 chansons : Dua Lipa
C'est lundi, que lisez-vous ? - 10
Nouvelle semaine, nouveau CLQLV ! Le "C'est lundi, que lisez-vous ?" est un article hebdomadaire adapté par Mallou du "It's Monday, what are you reading ?" du blog One person's journey through a world of books. Autrefois géré par Galleane, c'est aujourd'hui I believe in a pixie dust qui a pris la relève !
vendredi 2 octobre 2020
Liv Maria de Julia Kerninon
Liv Maria. Une mère, une menteuse, une fugitive, une femme libre, selon l'écriteau. Mais en quoi ? C'est là toute l'intrigue du roman, qui tourne autour de son personnage éponyme.
Liv Maria est d'abord l'enfant d'un couple improbable; une bretonne insulaire et un marin norvégien. De leur intimité nait ce petit bout de chou. Les années se succèdent à une vitesse folle, et au travers de quelques mots, des indices sur ce qui va suivre sont disséminés. Après l'enfant, on découvre l'adolescente. Et le désir qu'elle fait ressentir aux hommes.
A la suite d'une agression sexuelle, elle ira à Berlin, où elle y fera une rencontre décisive, celle qui ne cessera de la hanter et d'influer sur ses choix, ses décisions, sa vie. Liv Maria va s'éprendre de son professeur d'anglais, et vivre une tumultueuse histoire d'amour d'été avec lui.
Bien entendu, le problème est qu'elle est mineure, qu'il a quarante ans, est marié et père de famille. Outre l'aspect tromperie qui me rebute, on obtient ici le schéma d'une adolescente aux prises d'un homme ayant l'âge d'être son paternel. Les prédateurs ont encore de beaux jours dans la littérature française, et l'on retrouve ces unions dans beaucoup trop d'ouvrages. Il faut cesser de banaliser ces relations.
De cet événement marquant va s'ensuivre le parcours de Liv Maria : de l'Amérique Latine à l'Irlande, en passant par sa Bretagne natale. Les amants et les péripéties seront pléthores, jusqu'à sa rencontre avec l'homme qui deviendra son mari et le père de ses enfants.
Ce récit était palpitant, les pages défilant avec une facilité déconcertante. Les éditions L'Iconoclaste ont souvent l'œil pour publier des œuvres atypiques. On pense à La vraie vie (qui, comme par hasard, possède elle aussi des rapports à la fois extraconjugales et entre une mineure et un adulte...).
Malgré des choix scénaristiques un peu tirés par les cheveux et lassants à mon goût, j'ai aimé suivre l'histoire de cette femme aux multiples facettes, que la vie a façonné de différentes manières, pour construire une Liv Maria aux rôles variés, mais toujours unique. Mais la liberté a un prix et les secrets sont lourds de conséquence, pour cette femme que la vie n'a pas épargné.
Note : 3,5/5
jeudi 1 octobre 2020
Playlist de septembre 2020
Ihsahn - Manhattan Skyline ft. Einar Solberg ♪
Pain of Salvation - Accelerator ♪
Isaac Gracie - Telescope ♪
























