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mercredi 25 mars 2020

Vienne, première partie

En cette période de confinement, j'ai décidé de revenir sur mon voyage à Vienne, du 6 au 11 octobre 2019.


6 octobre

J'ai débarqué à Vienne en milieu de matinée, à l'aéroport Vienne-Schwechat. De là, deux possibilités s'offraient à mois : soit prendre le Railjet ÖBB jusqu'à Wien Meidling, soit le train urbain 7 jusqu'à Wien Mitte. Ces deux trains amènent à une station de métro où il est ensuite assez facile de relier les différents quartiers de la ville. Vous avez aussi le City Airport Train qui existe, plus rapide mais également plus cher.

Mon choix s'est porté sur le train urbain 7, qui était le suivant à arriver. Il m'a coûtée le prix d'un ticket (2,40€) + 1,80€. Mon appartement hôtel, West Appartments, était situé entre la station Gumpendorfer straße et Westbahnhof. Si vous voulez un endroit calme, pas cher, avec le minimum assuré, ce lieu est très bien.


Une fois mes valises posées et l'estomac rempli, direction Vienne et son centre ville. J'étais donc tributaire de la ligne 6, qui est assez excentré mais qui dessert très rapidement le poumon de la capitale autrichienne (cf le plan du métro ci-dessus). J'avais un programme, réfléchi au préalable. Aujourd'hui, direction le quartier des musées, et plus précisément le Léopold Museum pour moi.



Le Léopold Museum est un des musées où l'on retrouve les œuvres de Gustav Klimt et Egon Schiele, deux artistes que j'affectionne beaucoup. J'y suis restée bien deux bonnes heures je pense. Un musée très intéressant, notamment si vous aimez ces deux artistes. Mais d'autres œuvres méritent le coup d’œil !


Ensuite, ça a surtout été l'occasion pour moi de me balader. Mes pas m'ont amenés jusqu'à la Secession, autre musée de Vienne, dédié à l'art contemporain. Je ne suis pas allée le visiter, mais j'ai tout de même admiré la bâtisse pour le moins atypique. Je me suis ensuite dirigée vers l'Eglise St Charles, un édifice magnifique.


Je me suis posée au café Mozart, pour déguster un Mozart Torte. Un gâteau au chocolat, fameux dans la ville, et succulent. La nuit tombée, j'ai flâné du côté d'Albertina et de Stephanplatz. Je suis rentrée à mon appartement hôtel et dégusté un Pho dans un restaurant situé à proximité. Une première journée remplie et positive !


7 octobre

Pour ce deuxième jour à Vienne, direction le centre dès 8h15. Après avoir pris un Nussschnecken (un pur délice que je me suis empressée de prendre tous les autres jours ensuite !) à la boulangerie Felder, j'ai beaucoup marché pour découvrir en profondeur la cité !


J'ai fait un tour vers le coin de l'université de Vienne. Je me suis aussi rendue vers le Rathaus et le parlement, tous les deux en travaux. J'ai continué mon chemin au parc qui existe à côté de ces deux bâtiments. 





Ma grosse visite de la matinée était le Belvédère, un musée très fréquenté et où sont exposés beaucoup de tableaux de Gustav Klimt, mais surtout son plus célèbre : Le Baiser. Mais rien que la façade vaut le déplacement au Belvédère ! Néanmoins, l'intérieur est largement à la hauteur de l'extérieur. Pour ma part, j'ai préféré ce musée au Léopold Museum. Si vous avez un budget plutôt serré, opté donc pour le Belvédère !





Retour au centre ville, dégustation d'un hot dog devant l'Albertina et déambulation dans les rues de Vienne. Vous l'aurez compris; je passe ma vie à marcher lorsque je voyage ! J'ai particulièrement été ébahie par la Cathédrale St Etienne, un des points culminants de la ville et un lieu très animé. L'enceinte religieuse, un peu en travaux, ne perdait pas de son charme pour autant, avec sa toiture emblématique et son intérieur sublime. 


Un peu de shopping, notamment avec des souvenirs pour les proches et des gaufrettes de chez Manner, une petite pause au café Hawelka pour un Sacher Torte (que je n'ai pas trop apprécié, car entre moi et la confiture d'abricot ce n'est pas le grand amour...), j'ai continué ma balade et je suis rentrée en fin d'après-midi. Ce soir-là, j'ai fait des courses au Spar à côté de l'appartement hôtel. Il faut dire que je ne raffole pas spécialement des plats typiques autrichiens donc...

Voici la fin de la première partie de mon voyage, la suite viendra très prochainement. Et si vous avez des questions, n'hésitez pas !

mardi 17 mars 2020

Martin Eden de Jack London


Titre : Martin Eden
Auteur : Jack London
Genre : Classique
Editions : Folio
Parution : 13 octobre 2016
Nombre de pages : 592
Mots clés : récit initiatique, écriture, amour

Mon avis :

Martin Eden. A la fois classique de la littérature, histoire semi-autobiographique et roman que mon amie Hülya m'avait vivement conseillée. Il me tardait donc de découvrir ce qui est considéré par beaucoup comme le chef d'oeuvre de Jack London.

Martin Eden est une jeune marin de vingt ans, qui, en revenant à Oakland d'un voyage en mer, fait la rencontre de Ruth, bourgeoise de trois ans son aînée dont il tombe follement amoureux. Oui mais voila; Martin et Ruth ne font pas partie du même milieu social. Lui est pauvre, considéré comme un moins que rien et sans éducation. Elle est issue d'une famille aisée, étudie à l'université et côtoie des gens de la haute. 

D'emblée, on pourrait penser à une énième histoire d'amour entre deux personnes que tout oppose. Grave erreur. 

Pour séduire sa belle, notre marin va plonger corps et âme dans son éducation. Il va multiplier les visites à la bibliothèque, lire à foison, développer ses capacités, parfois seul, parfois avec Ruth. Peu à peu, Martin va assimiler des milliards de connaissances. Plus encore, il va se construire une manière de pensée, qui lui est propre, et s'éprendre de l'écriture. Cela va devenir plus qu'une passion.

Ce récit est une déclaration d'amour à la littérature. A travers les pages, on vit avec Martin ses créations, son acheminement et ses réflexions. Sur l'écriture, mais aussi sur la société éditoriale de l'époque. Et les échecs n'éteindront par la flamme du jeune homme.

Si vous lisez l'édition Folio, essayez de ne pas consulter le résumé. En plus d'être faussé, il donne trop d'informations quant au déroulé de l'histoire. Je n'irai pas plus loin dans mon avis, car cela viendrait à révéler des pans du récit qui mérite d'être découvert au fil de la lecture. 

Martin Eden est une oeuvre riche, complexe, parfois lourde et qui peut perdre son lectorat avec ses multiples références et observations.

Jack London illustre l'hypocrisie, les inégalités de classe, la volonté de reconnaissance, la déception sous plusieurs formes, la quête d'un homme qui a tout à apprendre, la recherche de son identité. Un classique à lire.

Note : 4/5

lundi 16 mars 2020

Lady Bird

 

Titre : Lady Bird
Réalisatrice : Greta Gerwig
Distribution :  Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts, Lucas Hedges, Timothée Chalamet et Beanie Feldstein
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie (en France): 28 février 2018
Durée : 1h35
Mots clés : Etats-Unis, adolescence, relations mère-fille, premiers amours

Mon avis : 

Lady Bird, c'est l'histoire de Christine. Mais elle préfère qu'on l'appelle Lady Bird. Elle habite Sacramento, une ville moyenne de Californie. Lady Bird est une adolescente pleine de fougue et d'idées, artiste, qui n'a pas sa langue dans sa poche et souhaite découvrir la vie. Avec son amie Julie, elles font les quatre-cent coups au sein de leur institut catholique privé

Lady Bird, c'est aussi l'histoire d'une jeunesse qui se cherche. Une insouciance et une volonté d'expérimenter. Cela passe notamment par les premiers émois amoureux, et notre héroïne va les connaître. Avec Danny. Avec Kyle. Lady Bird est à l'image de cet âge où tout est nouveau, tout est encore à apprendre.

Lady Bird ne va pas faire que des bons choix. Mais elle en tirera des leçons, et c'est une ode à la vie qu'on ressent durant ces 90 minutes de film, qui aurait même mérité d'être rallongé selon moi.

Lady Bird, c'est aussi un film mettant en scène une relation difficile entre une mère et une fille, pleine d'incompréhension mais non dénuée d'amour. Et ce lien est dépeint de manière disparate, distillé par-ci par-là, tantôt fait de sentiments chaleureux, tantôt de disputes. Mais la mère et la fille s'aiment.

La ville de Sacramento est aussi décrite de manière affectueuse, par une réalisatrice native de cet endroit. Et on sent que Lady Bird, c'est un peu Greta adolescente. C'est une cité qui ne fait pas rêver, mais qui est pleine de souvenirs et de personnes auxquelles l'héroïne tient.

Julie notamment est un personnage que j'ai particulièrement apprécié; une fille pétillante, loyale et amicale. Et quel plaisir de voir une actrice grosse non moquée, rejetée ni décrite uniquement par son poids. Elle est seulement Julie, l'amie de Christine, qui rigole et pleure comme tout le monde. Une représentation importante pour ces filles grosses sans vraiment de modèle.

Un film très sympa, qui passe à une vitesse, porté des actrices impeccables et rayonnantes. J'ai aimé les messages portés par ce film, la trame et la conclusion. 


Note : 4/5

mercredi 11 mars 2020

Green Book : Sur les routes du sud


Titre : Green Book : Sur les routes du sud
Réalisateur : Peter Farrelly
Distribution :  Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini, Iqbal Theba et Dimiter Marinov
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie (en France): 23 janvier 2019
Durée : 2h10
Mots clés : racisme, Etats-Unis, amitié

Mon avis : 

Le film avait été ovationné à sa sortie, primé à de nombreuses reprises. Et après visionnage, je rejoins l'opinion générale. 

L'histoire se passe en 1962. Tony Lip est un américain d'origine italienne, qui travaille dans une boîte en tant que "chargé des relations publiques". Comprendre ici réglage des conflits par la force. Par un ensemble de circonstances, le lieu doit fermer et Tony n'a pas d'autres choix que de dégoter un nouveau job. Et c'est ainsi qu'il va faire la rencontre du Dr Don Shirley, qui s'avère ne pas être médecin mais musicien. 

Ensemble, ils vont sillonner les routes du sud des Etats-Unis. Et être confrontés à l'hypocrisie, au racisme et aux préjugés

Tony Lip nous est présenté au début comme un homme emprunt d'un rejet pour les personnes de couleurs. Sa rencontre avec Don Shirley va bien entendu changer la donne. 
Ses idées préconçues vont être mise à mal. Non, un homme noir n'est pas forcément adepte de soul, de poulet frit ou de maïs. La couleur de peau n'induit pas des comportements ou des préférences. Au fur et à mesure, il va ouvrir son cœur et s'attendrir. Viggo Mortensen interprète de façon juste cet homme qui découvre et s'ouvre à des univers encore inconnus jusqu'à alors. 

De son côté, Don Shirley est exposé comme un génie de la musique, mais solitaire, différent et en marge d'une société qui l'accepte tout en le rejetant. Car si l'on introduit le musicien dans les plus beaux salons, une fois le spectacle terminé, il redevient cette personne de couleur qu'on dénigre. 

Green Book : Sur les routes du sud montre tout au long du film ce racisme ambiant qui régnait aux Etats-Unis à l'époque, et qui fait encore écho à la société actuelle. Et le personnage de Don Shirley est tellement puissant, mélancolique et percutant que l'on comprend pourquoi Mahershala Ali a été récompensé pour ce rôle. 

On rigole, on s’émeut, on se réchauffe le cœur avec cette oeuvre humaine, vraie et qui fait du bien. Deux heures de bonheur.


Note : 4,75/5


lundi 9 mars 2020

Les gratitudes de Delphine de Vigan


Titre : Les gratitudes
Autrice : Delphine de Vigan
Genre : Littérature contemporaine
Editions : JC Lattès
Parution : 6 mars 2019
Nombre de pages : 192
Mots clés : vieillesse, maladie, relations humaines

Mon avis :

Deuxième essai avec Delphine de Vigan, et j'ai préféré cette lecture à celle de Les loyautés. Court roman écrit à deux voix : celle de Marie et celle de Jérôme. L'occasion ici d'apprendre à connaître et à aimer Michka

Michka, c'est une personne âgée qu'on découvre d'entrée de jeu. Ne pouvant plus vivre seule, elle rejoint un EHPAD. Parfois elle rêve, et dans ses rêves, elle est fringuante, elle maîtrise la langue, mais elle cauchemarde. Et ces peurs sont en lien avec son quotidien. 

Son plus "gros" souci ? Ces mots, qui se délient. L'aphasie, qu'on appelle ça. Et Michka au fur et à mesure du roman perd de plus en plus la faculté de parler. Et c'est touchant de suivre cette descente, ça nous fait de la peine et ça nous frappe. Cette donnée, on la connait, on sait qu'elle existe, mais lorsqu'on ne la côtoie pas tous les jours, on la met de côté. 

Marie a un rôle très important dans la vie de Michka, et vice versa. Ce sont deux âmes perdues qui se sont trouvées et aimées. Jérôme, lui, est ortophoniste. Il veut aider sa patiente à retrouver ses mots, du moins à ne pas les perdre. Il est très vite touché par cette femme, qui a connu l'horreur de la guerre, la solitude et bien d'autres choses qu'on ne saura pas, finalement.

Michka veut retrouver la femme qui l'a recueillie, elle qui n'était qu'une petite fille à qui l'on a arraché sa famille durant la seconde guerre mondiale. C'est un élément important du récit, qui se manifestera de temps à autre.

Les gratitudes, c'est ça. C'est remercier une femme de nous avoir sauvé il y a des années. C'est venir en aide à cette personne qui a su nous accepter au moment où l'on en avait le plus besoin. C'est écouter, assimiler, intégrer l'autre à notre vie et ne pas oublier, savoir dire merci.

Avec Les gratitudes, Delphine de Vigan nous plonge dans les relations humaines, fortes, qui peut exister. Elle nous parle aussi de cette vieillesse, qui fait peur, mais qui nous afflige, nous bouleverse.

Note : 3,5/5

vendredi 6 mars 2020

Le monde de Charlie de Stephen Chbosky


Titre : Le monde de Charlie
Auteur : Stephen Chbosky
Genre : Jeunesse, Contemporaine
Editions : Sarbacane
Parution : 21 novembre 2012
Nombre de pages : 256
Mots clés : adolescence, dépression, amitié

Mon avis :

Fait rare qui mérite d'être évoqué : pour la première fois, un film m'a donnée envie de lire le livre dont il est tiré (puisque, habituellement, je bouquine l'oeuvre plutôt que de regarder son adaptation). Mais Le monde de Charlie m'a provoquée un tel chamboulement que je me suis penchée quelques semaines après sur le bouquin. Et autant vous dire d'emblée que j'en suis encore bouleversée. Je ne saurais véritablement expliquer la raison du pourquoi cette histoire me touche autant, mais je vais tenter de le faire.

Charlie rentre en seconde. Après un été passé à l'hôpital, on se doute que l'adolescent ne va pas bien. A l'orée de sa rentrée, il a peur, et le retranscrit à travers des lettres. Et c'est sous ce format que l'ensemble de l'oeuvre est écrit.

Charlie va rencontrer Patrick, en cours de techno, et lui parler lors d'un match de football américain. Il verra Sam pour la première fois durant cette rencontre, et ça sera le début d'une tendresse forte qui ne le quittera plus.

Plus que l'amour qu'il porte pour Sam, c'est un panel de sentiments qu'on va découvrir à travers Charlie. L'amitié qu'il voue à ces deux personnes que sont Patrick et Sam, mais aussi à cette bande qu'il va côtoyer : Mary Elizabeth, Alice, Bob et les autres. L'année vécue par Charlie sera peuplée de bons comme de mauvais moments. Il va savoir ce qu'est être entouré, aimé. Il va boire, fumer, rire, pleurer. Via ses proches, il sera question de plusieurs sujets importants : l'alcoolisme, l'homosexualité, l'avortement, la réputation...

Sa famille aussi a un rôle important, que ce soit ses parents, sa sœur ou son frère. Son professeur Bill de son côté lui donnera le goût de la lecture et sera un vecteur important dans l'acceptation de sa personnalité et de son unicité.

Si l'écriture est plutôt simple, elle colle avec le personnage et n'est franchement pas dérangeante. On suit Charlie, et on ressent ce qu'il traverse. Sans rentrer dans les détails (car certains thèmes, surtout en fin de roman, sont difficiles à aborder), le roman aborde la dépression sans tabous, sans clichés. Et on le comprend davantage lorsque l'on sait que Le monde de Charlie est une histoire semi-autobiographique.

C'est peut-être en cela qu'il m'a touchée autant. La dépression, la solitude, l'anxiété sont des choses je connais, que je vis et sans doute est-ce en cela que cette oeuvre a su me transpercer autant.

Je ne peux que recommander Le monde de Charlie, le livre comme le film.


Note : 4,75/5

lundi 2 mars 2020

Les Victorieuses de Laetitia Colombani


Titre : Les Victorieuses
Autrice : Laetitia Colombani 
Genre : Littérature contemporaine
Editions : Grasset
Parution : 15 mai 2019
Nombre de pages : 224
Mots clés : condition féminine, Paris, action sociale

Mon avis :

Après le succès tonitruant de La Tresse, Leatitia Colombani revient avec un deuxième roman qui ressemble dans la construction à sa précédente oeuvre.

Dans Les Victorieuses, un parallèle est fait entre Solène, avocate de 40 ans, et Blanche, membre de l'Armée du Salut. Ici, le lien entre les deux femmes est le Palais de la Femme, qui joue un rôle important tout au long du récit.

Solène est une brillante avocate a qui tout semble réussir. Pourtant, à la suite d'un procès, son client se suicide. S'ensuit la longue décente aux enfers pour cette femme; burn-out, dépression. Elle est à un âge on l'on se remet beaucoup en question. Sentimentalement, elle n'est plus avec l'homme qu'elle pensait être le bon. Professionnellement, elle ne se voit plus reprendre place dans ce milieu du droit et cherche donc sa voie. Son psychiatre lui conseille le bénévolat. Là commence véritablement le cœur du sujet de ce roman : les conditions de vie des femmes à travers deux époques. Pour Solène, c'est dans notre société actuelle que l'on va suivre la vie au Palais de la Femme. En devenant écrivaine publique, l'ancienne avocate va être confrontée à la précarité, à l'exclusion et aux combats que livrent en permanence ces oubliées.

Le personnage de Solène peut laisser quelque peu indifférent, voire agacer. Issue d'un milieu aisée, elle fait partie de ces gens qui ont tout sans rien avoir au final. L'illusion vole en éclat justement au début du roman, et on suit son parcours dans son espèce de rédemption durant ces 200 pages. La place qu'elle occupe dans l'histoire est certes très importante, parfois trop, mais j'ai essayé d'en faire abstraction pour me centrer plutôt sur les femmes vivant au Palais.

Car c'est ici l'un des deux éléments les plus intéressants à mon goût. Si l'ensemble peut paraître caricaturale : la riche blanche qui vient faire du bénévolat chez les pauvres racisées, j'ai tout de même apprécié la multiplicité des regards et des destins de vie. On ne tombe par forcément dans le patos, ni dans les clichés. Leatitia Colombani raconte des itinéraires réels, sans en faire trop. Et c'est ce choix de ne pas trop ne faire qui parvient à émouvoir un petit peu. Binta, Lily, Cynthia et les autres.

L'autre donnée que j'ai aimé est Blanche. Les parties consacrées à cette femme m'ont bien plus captivée que les tentatives de description de la dépression de Solène. Blanche, qui a réellement existé. Blanche, qui a œuvré toute sa vie pour venir en aide aux plus démuni·e·s. On est ici au début du siècle. Après un détour par l'enfance et la vie de jeune adulte de Blanche, sa rencontre avec Albin notamment, on suit en parallèle son combat. Depuis toujours, elle mène au sein de l'Armée du Salut une lutte pour l'humain.

L'apothéose de cette bataille se trouve être le futur Palais de la Femme. Si l'obtention de ce bâtiment n'était pas le propos le plus intéressant à lire, étant là uniquement pour renforcer le lien entre ces deux destins de femme, le but lui l'est. Blanche ne supporte plus de voir la pauvreté dans les rues de Paris, réalité qui se retrouve partout en France. La mise en vente d'un immeuble comprenant 743 chambres est une aubaine. La femme ne va rien lâcher, et elle et son mari réussiront à acquérir cet édifice pour les femmes. Pour toutes celles qui se voient rejeter, mise au ban de la société. Et l'on voit ici qu'entre 1926 et 2019, finalement, les choses n'ont pas tant changé que ça. Les femmes sont toujours les laissées-pour-compte. Elles sont celles qui sont mise à la rue, abandonnées, violentées.

Si j'ai été moins transportée que pour La Tresse, j'ai néanmoins aimé le sujet de ce roman. Important, traité ici de manière plutôt "douce" par rapport à d'autres, il parvient tout de même à émouvoir et à indigner, une nouvelle fois.

Note : 3,75/5

samedi 29 février 2020

Bilan livresque - Février 2020

Un bilan plus rempli que le mois précédent! J'ai lu 52 livres en février : albums, romans, documentaires, bd et mangas. Un total varié en somme.
Je conseille :
- en roman, le Cercle du Karma et Kim Jiyoung, née en 1982;
- en essai, Une culture du viol à la française;
- en mangas, l'Atelier des Sorciers, Le tigre des Neiges et Kingdom;
- en BD, L'obsolescence programmée de nos sentiments.


ROMANS / PREMIÈRES LECTURES / ESSAIS




MANGAS / BD


Chroniques sur le blog :


vendredi 28 février 2020

Playlist de février 2020

Salut tout le monde, on se retrouve aujourd'hui pour une nouvelle playlist. Février a été une nouvelle fois chargée en découvertes et écoutes musicales. Pas mal de titres de 2020, que je vous invite à écouter. Voici ma sélection pour ce mois-ci !

Spanish Love Songs - Kick
The Used - Paradise Lost, a poem by John Milton
Port Noir - Flawless
 Avenged Sevenfold - Set Me Free
Paramore - That's What You Get
Angellore - Blood for Lavinia
Currahee - Sinking
Karg - Irgendjemand Wartet Immer
Deathspell Omega - Dearth
Skott - Kodak & Codeine
Jonas Brothers - What A Man Gotta Do
Ihsahn - Telemark
Katatonia - Lacquer
DNCE - Cake By The Ocean
The Amity Affliction - Catatonia