MENU

jeudi 20 février 2020

Quelques albums jeunesse

Et si l'on parlait albums jeunesse aujourd'hui ? Depuis cette année, je suis notamment référente du pôle petite enfance dans la bibliothèque pour laquelle je travaille. C'est une première pour moi, car je n'ai jamais été amenée à lire réellement des histoires pour les plus petits auparavant.
Depuis novembre 2019, j'accueille et me déplace dans différentes structures : RAM, crèche et halte garderie.
A côté de cela, on a l'habitude de recevoir des centres de loisirs, dont les âges peuvent aller, selon les groupes, de 4 à 12 ans.
Du coup, j'ai décidé de faire un petit article sur quelques albums coup de cœur pour ma part, et l'utilisation que je peux en faire dans le cadre de mon métier.



Titre : Guili Lapin
Auteur : Mo Willems
Edition : Kaléidoscope
Mots clés : doudou, famille, parents

Qui ne connait pas Guili Lapin ? Par extension, qui ne connait pas Mo Willems ? Véritable phénomène dans la littérature jeunesse, cet auteur est pour ma part un incontournable. Guili Lapin : un conte moral de Mo Willems donne le ton. Un conte moral me diriez-vous ? Mais de quoi peut-il donc bien s'agir ?

Dans cette histoire, Trixie et son papa laissent maman -assise avec un livre sur les marches de l'escalier- pour aller à la laverie. Et là, un drame va se passer. Plus occupé à s'amuser qu'à aider son papa, comme nous le dit pourtant le texte -le méchant trompeur-, Trixie n'est pas une enfant très attentive. Et elle se rend compte sur le chemin qu'elle a perdu Guili Lapin. Là, c'est la catastrophe. Elle essaye à tout prix de se faire comprendre, mais ne parlant pas, son père est désarçonné. Le chemin du retour est une horreur. Heureusement, maman est là, et elle se rend compte d'emblée du problème : Guili Lapin a disparu. Tout de suite, papa, maman et Trixie se précipitent et refont tout le chemin inverse. Jusqu'à la laverie. Papa a beau chercher, il ne voit rien... Puis, il vide la machine et ouf, le doudou est retrouvé.

Pourquoi j'aime cet album ? Déjà parce qu'il casse les codes. Papa va à la laverie, maman reste à la maison à lire. On en a marre de voir se reproduire encore et encore le même schéma, et Mo Willems fait plaisir en mettant en scène autre chose.

Ensuite, visuellement, Mo Willems à une patte qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Inspirée de la vie réelle, New York défile sous nos yeux avec des photos numériques. L'auteur et illustrateur pose ses personnages, dessiné·e·s, dessus et joue avec le champ et hors-champ.
Cet album est bourré d'éléments intéressants, qui raviront petit·e·s et grand·e·s !



Titre : John Brown, Rose et le chat de minuit
Auteurices : Jenny Wagner et Ron Brooks
Edition : Il était deux fois
Mots clés : deuil, acceptation de l'autre, différence, cohabitation, tolérance, amitié, jalousie

Vous l'aurez compris avec tous ces mots clés; John Brown, Rose et le chat de minuit est un album riche et intéressant à bien des égards.

Il permet de montrer le deuil, à travers des éléments bien visibles. La première page, où il est indiqué que le mari de Rose est mort, avec la feuille laissée blanche. Quand Rose est malade et reste dans son lit, on voit qu'elle possède un lit deux places, et que le côté gauche est complètement vacant. Tout au long de l'album, on voit à plusieurs reprises l'image de ce mari disparu, avec des portraits par-ci par-là.

John Brown, Rose et le chat de minuit est aussi génial pour montrer la jalousie et la difficulté à accepter quelqu'un d'autre. On peut faire ce rapprochement avec l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur dans la famille. Ici, c'est le chien John Brown qui refuse que le chat pénètre dans la maison. C'est sa maison à lui, et à Rose. Et c'est sa maîtresse -sa maman- à lui. Il estime qu'il n'y a pas de place pour ce nouvel individu.
John Brown a peur. Il voit le chat comme une menace, celui qui va prendre sa place dans le cœur de sa maîtresse. Et cette insécurité le pousse à le rejeter.
L'album se termine par l'acceptation, montre que chacun à sa place dans la famille. Ce mur qui séparait John Brown et le chat de minuit se fissure grâce à la figure de Rose.

John Brown et Rose peuvent aussi être vu·e·s comme un couple qui doit accueillir une nouvelle personne. L'équilibre est perturbé. On parle souvent de l'arrivée d'un nouvel enfant, mais on aborde peu l'arrivé d'un premier enfant pour les parents.

En somme, cet album a plusieurs cordes à son arc. Je l'ai découvert grâce à une formation suivie par la CNFPT. C'est Chloé Seguret, qui tient également un blog super appelé Littérature enfantine, qui nous a fait découvrir de nombreux albums.

Ce sont deux albums que je n'ai pas encore eu l'occasion de tester auprès d'enfants, mais cela ne saurait tarder. Notamment Guili Lapin, puisque je vais bientôt faire une animation tournée sur les doudous.



Mais si vous voulez des idées d'albums, n'hésitez pas à lire le blog Littérature enfantine, ou à jeter un œil aux œuvres suivantes (que j'ai lu et adoré) :

Matty et les cent méchants loups de Valéri Gorbachev (3-6 ans)
Copains-câlins de Frédéric Stehr (0-3 ans)
Loulou de Grégoire Solotareff (3-6 ans, mais déjà lu avec des enfants de moins de trois ans)
Loup d’Olivier Douzou (0-3 ans)
Heu-reux ! de Christian Voltz (à partir de 5 ans)
Ce n'est pas une bonne idée ! de Mo Willems (3-6 ans)
C'est moi le plus fort de Mario Ramos (3-6 ans)
Les Trois Brigands de Tomi Ungerer (6-8 ans)
C'est mon arbre d'Olivier Tallec (3-6 ans)
Le livre qui n'aimait pas les enfants de Christine Naumann-Villemin et Laurent Simon (3-6 ans)
La Befana de Sandra Nelson et Sébastien Pelon (3-6 ans)
Jules et le Renard de Joe Todd-Stanton (3-6 ans)
Lettres à mon cher petit frère qui n'est pas encore né de Fréderic Kessler (3-6 ans)
Ce n'est pas mon chapeau de John Klassen (3-6 ans)
Très, très fort ! de Trish Cooke (3-6 ans)
La maison à dormir debout d'Audrey Wood (3-6 ans)
Je suis un lion d'Antonin Louchard (3-6 ans)
Toc ! Toc ! Qui est là ? d'Anthony Browne (2-4 ans)
Pélagie la sorcière de Valérie Thomas et Korky Paul (3-6 ans)
N'aie pas peur, Teddy ! Je te protégerai des bêtes sauvages de Martha Alexander (3-6 ans)


lundi 17 février 2020

Le tigre des neiges, tome 1 d'Akiko Higashimura


Titre : Le tigre des neiges, tome 1
Autrice : Akiko Higashimura
Genre : Historique
Editions : Le Lézard Noir
Parution : 8 novembre 2018
Nombre de pages : 270
Mots clés : japon, manga historique, XVIème siècle

Mon avis :

Le manga commence par une petite introduction à l'histoire japonaise, et narre le récit d'Uesugi Kenshin, fameux guerrier du XVIème siècle... qui selon une théorie sérieuse aurait été une femme. L'autrice expose les faits expliquant cette thèse, en partant des maux de ventre chaque mois qui frappait le chef de guerre au portrait conservé dans un temple représentant une femme. Plusieurs éléments vont donc dans ce sens, et c'est le choix que décide de faire Akiko Higashimura à travers Le tigre des neiges.

Une fois le décor historique planté commence le récit de ce manga. Située dans la ville moderne de Jōetsu, dans la préfecture de Niigata, l'histoire commence avec la naissance et l'enfance de notre héroïne. Le seigneur du château de Kasugayama et sa femme attendent un heureux événement; un troisième enfant va naître, et serait la réincarnation du dieu de la guerre Bishamonten. Pour l'époque, on pense donc que ce bébé sera un garçon. Mais c'est une fille qui va voir le jour. Mais le père croit en la prophétie annoncée par sa femme et décide d'élever sa fille comme un homme.

Le manga suit donc les premières années de la vie de Torachiyo, qui est décrite comme étant un "garçon manqué", pleine de fougue et d'un tempérament insolent. On voit que la fillette vit pour les stratégies militaires et se forge très vite aux armes. C'est dans cette optique que son père décide de l'envoyer à ses sept ans dans le temple Rinsen. Elle est censée y apprendre l'art de la guerre, la discipline et la tactique.

Pour les férues d'histoire, ce manga est un petit bijou qui vous ravira. Ce premier tome, se centrant sur l'enfance de Torachiyo -future Uesugi Kenshin- est bien documenté. Les lieux de la narration sont fidèles aux propos de l'époque, que ce soit la représentation du château ou encore les paysages montagnards. 
Ce tome permet aussi d'introduire un autre grand personnage, Takeda Shingen, éternel rival de notre protagoniste.

Visuellement, Le tigre des neiges est magnifique. Les panoramas, les habits et les personnages sont faits avec minuties. La dessinatrice a des années d'expériences derrière elle, et cela se ressent à travers des illustrations qui ne laisseront pas indifférent. Il suffit de voir la couverture de ce premier tome pour être conquis.

C'est pour moi, donc, une réussite que ce tome 1 et nulle doute que je me procurerai la suite dans les mois à venir. 

Note : 4,25/5

vendredi 14 février 2020

Eltonsbrody d'Edgar Mittelholzer


Titre : Eltonsbrody
Auteur : Edgar Mittelholzer
Genre : Fantastique
Editions : Editions du Typhon
Parution : 26 février 2019
Nombre de pages : 256
Mots clés : fantastique, mort, Barbade

Mon avis :

Dans la lignée d'Edgar Allan Poe et Guy de Maupassant, Edgar Mittelholzer livre un roman que ne renierait pas les cadors du genre. L'ambiance est lugubre, et le décor posé par l'auteur guyanais est somme toute inquiétant.

Mr. Woodsley se rend dans les Barbade pour visiter, selon les conseils de ses amis.  Mais une fois la nuit tombée, toutes les places dans les deux hôtels du coin sont prises. Une autre alternative lui ait soufflé; aller toquer chez Mme. Scaife qui vit seule à Eltonsbrody. 

On sait d'emblée qu'il va se passer quelque chose, mais le mystère demeure sur ce que seront ces événements. 

Petit à petit, la vieille propriétaire s'avère avoir plus d'un secret dans sa manche. Avec un rythme d'enquêteur, notre héros cherche à élucider les faits tous plus étranges que les autres.

Le côté gothique et fantastique de l'auteur est palpable, et cela n'était pas sans me déplaire. Pour autant, rien ne nous tient réellement en haleine. Le personnage de Mme. Scaife est plus qu'agaçant, et au final, je n'ai pas été autant transportée que durant d'autres lectures du même type.

Les 250 pages passent assez vite malgré tout. Le fil conducteur du roman est plutôt solide, puisque l'on reste jusqu'à la fin. Pour autant, je n'ai pas été intriguée par le déroulement de l'oeuvre. Les péripéties sont maigres.

J'ai néanmoins apprécié cette frontière mince initiée par l'auteur, celle du réalisme et du fantastique. Mr. Woodsley commence petit à petit à croire cette dame, qui affirme voir une "ombre" planer autour des gens dont la mort est imminente. Cette vieille dame est fascinée par l'issue fatale qui nous attend, qui clame remarquer une marque sur certaines personnes. Et les pans morbides sont peu commun, rendant en cela Eltonsbrody intéressant. Mais cela ne restera pas une lecture mémorable.


Note : 3/5

mercredi 5 février 2020

Les violences sexuelles



Aujourd’hui, article un peu spécial, et pour le moins difficile. Je viens de terminer ma lecture d’Une culture du viol à la française, et au-delà d’une simple chronique, je voudrais parler plus en profondeur de ce sujet ô combien important.

Dans Une culture du viol à la française, Valérie Rey-Robert expose plusieurs faits. Elle traite du viol, oui. De l’acte en lui-même. De comment il est perçu. De tout ce qu’il implique dans nos sociétés, d’hier et d’aujourd’hui.

Elle démarre par des définitions, simples et claires, du sexisme et du patriarcat. Car il est important de comprendre de quoi il en résulte pour percuter à quel point le viol est lié à ces notions.

On vit dans une société où tout est fait pour les hommes, par les hommes. Alors la femme devient fautive, et Valérie Rey-Robert le montre bien. De ce fait, les institutions vont dans ce sens, et rien n’est fait pour protéger et condamner les hommes. 

Cela me permet de rebondir avec un autre ouvrage lu précédemment; La boîte noire de Shiori Ito. L’autrice et journaliste japonaise peint son combat pour obtenir justice après son viol en 2015. On y lit son périple pour se faire entendre. Et tout ce que Valérie Rey-Robert écrit prend tout son sens. Shiori Ito a eu le droit à de nombreux reproches, n’a pas été crue par certaines personnes, a vu son affaire être ralentie car elle portait plainte contre une personnalité importante du pays. 


Même si le Japon est une société sexiste différente de la nôtre, difficile de ne pas faire de parallèle. Et Valérie Rey-Robert le fait régulièrement avec les Etats-Unis. Chaque pays est imprégné par ces injonctions.

Ce que cherche à montrer l’autrice, c’est à quel point nos préjugés influent sur notre façon de voir les violences sexuelles. « Elle l’a bien cherchée », « elle n’avait qu’à pas s’habiller comme ça », « elle n’avait qu’à pas boire » et autres phrases. Une culture du viol à la française ne manque pas d’exemple de ce type.

Le titre Une culture du viol à la française prend tout son sens au deux tiers du livre. Car la France, pays du romantisme, ne pourrait pas être une société de violeurs. Mais non, ce sont seulement des hommes aimant séduire les femmes. 

Et si on parle de « culture » du viol, c’est bien parce qu’on a intégré les codes d’un viol qui n’en est pas vraiment un. Qu’on minimise les choses (et Valérie Rey-Robert donne pléthores d’exemples). Qu’on n’écoute pas les femmes MAIS les hommes sur ce qu’est un viol. Car quoi qu'il arrive, en pense aux hommes. A leur « honneur », à leur « virilité », à leurs « besoins ». Mais jamais aux conséquences de leurs actions sur nous, les femmes.

Je ne pourrais pas traiter de tout ce qui est dit dans Une culture du viol à la française, car ce n’est ni le but de mon article ni ma volonté, mais je voudrais faire connaître ces livres. LISEZ-LES, vraiment, si vous le pouvez (car ils sont durs et peuvent réveiller des traumatismes). 

Il est important pour les femmes de les lire pour des tas de raisons : se déconstruire des préjugés qu’on a pu nous injecter, se révolter encore davantage, se déculpabiliser car c’est la faute du violeur et non de la victime, …

Mais aussi pour les hommes, qu’ils puissent comprendre tous les enjeux du féminisme dont le viol fait partie. C’est un combat quotidien. Les hommes doivent s’éduquer, changer. 

Les réseaux sociaux nous montre tous les vices de ce monde, et ô combien diverses paroles font peur au jour d’aujourd’hui. Quand on peut lire ce que certains hommes écrivent, cela révolte, dégoûte et effraie. Pourquoi voudraient-ils que les choses changent puisque la société les soutient, les alimentent dans leurs idées et qu'ils ne seront jamais ou peu jugés pour leurs actes ?

Je sais que mon rêve de vivre dans une société en paix et en harmonie est utopique, mais j’aimerais que les hommes soient des bons alliés et se rendent compte sur mal qu’ils ont fait, qu’ils font et qu’ils continueront à faire. En espérant qu’un jour cela cesse.


Livres cités :  
-Une culture du viol à la française de Valérie Rey-Robert, aux éditions Libertalia, 300p, 18€.
Valérie Rey-Robert a également un blog.
- La boîte noire de Shiori Ito, aux éditions Picquier, 240p, 19,50€.

lundi 3 février 2020

Le chuchoteur de Donato Carrisi


Titre : Le chuchoteur
Auteur : Donato Carrisi 
Genre : Thriller
Editions : Le livre de poche
Parution : 1 juin 2011
Nombre de pages : 576
Mots clés : thriller, petites filles, disparition

Mon avis :

Peu férue de thriller de manière générale, je voulais renouer avec ce genre avec un titre qu'on ne présente plus. Mon choix s'est porté sur Le chuchoteur, et autant le dire d'emblée; j'ai adoré.

Cinq filles sont portées disparues. L'équipe en charge de l'enquête retrouve leurs cinq bras enterrés dans une forêt. Mais quelle ne fut par leur surprise en en trouvant un sixième. Débute alors une véritable course poursuite contre la montre, pour espérer trouver la fillette inconnue.

Pour se faire, le chef d'équipe décide de faire appel à Mila Vasquez, spécialiste des personnes disparues et enlevées. Elle rejoint donc l'équipe formée par Gavila, Boris, Maria Rosa, Stern et Roche.

Une par une, les petites filles vont être retrouvées dans des endroits improbables, et les enqueteur·ice·s devront à chaque fois élucider les agissements de celui qu'iels ont nommé Albert.

Sans en dévoiler trop de l'intrigue, le Chuchoteur est un thriller haletant, où les rebondissements vont pléthores. Pour autant, ils sont, à mon avis, faits de façon intelligente et subtile. Chaque révélation amenée par la découverte des corps permet de dériver un peu de l'enquête tout en rajoutant des éléments intéressants. Ainsi, on plonge encore davantage dans l'horreur humaine avec des situations variées.

Donato Carrisi brouille à plusieurs reprises les pistes, nous emmène dans différents endroits pour mieux nous piéger.

Sans pour autant vraiment réfléchir à qui peut bien être Albert, on se prend forcément au jeu et on tente d'élucider avec les inspecteur·trice·s ce mystère. Et pour une fois, je n'ai pas été déçue en refermant ce livre, chose qui m'arrivait à chaque fois que je lisais un thriller. 

C'est donc une réussite à mes yeux, et ça me poussera sans doute à considérer autrement ce genre que j'ai longtemps négligé. 


Note : 4,25/5

Playlist de janvier 2020

Afin de changer des lectures, je ferai ici, chaque mois, une petite sélection de chansons. Que ce soit des nouveautés ou bien des titres plus anciens, ce sont des morceaux que je voudrais soit vous faire découvrir soit qui ont rythmé mon mois. (merci à L'antre de Nephtys pour l'inspiration)


Silverstein - Infinite ♪
Idle Hands - Mana ♪
Type O Negative - Life Is Killing Me ♪
SUNMI - Gashina ♪
The Twilight Sad - VTr ♪
Mahmood - Rapide ♪
Satyr - Picayune ♪
Deathwhite - In Eclipse ♪
Annihilator - The End Of The Lie ♪
Lana Del Rey – 13 Beaches ♪
Movements - Full Circle ♪
Obsidian Tide - Seven ♪
Disillusion - Time To Let Go ♪
Touché Amoré - DNA ♪
Ihsahn - Lend Me The Eyes Of Millennia ♪


jeudi 30 janvier 2020

Bilan livresque - Janvier 2020

Un début d'année plutôt calme, niveau lectures. J'ai lu 6 romans, et une dizaine de mangas et de BD. En tout, j'ai lu 33 livres (car je compte aussi des albums jeunesse que je n'ai pas intégré à cet article).
Je conseille :
- en romans, le Chuchoteur et Nevermoor, même si j'avais préféré le premier tome à celui-ci;
- en mangas, une nouvelle fois Jardin Secret, un petit bijou de shojo;
- en BD, Bergères Guerrières.


ROMANS




MANGAS / BD



Chroniques sur le blog :


lundi 20 janvier 2020

Le restaurant de l'amour retrouvé d'Ito Ogawa



Titre : Le restaurant de l'amour retrouvé
Autrice : Ito Ogawa
Genre : Littérature contemporaine
Editions : Picquier 
Parution : 5 septembre 2013
Nombre de pages : 254
Mots clés : Japon, cuisine, rupture

Mon avis :

Rinco rentre un soir chez elle, et tout a disparu. Son fiancé, ses affaires, tout ce qu'elle possédait. Mais surtout, elle perd sa voix.
Suite à cela, elle décide de rentrer dans son village natal. D'ici commence la cohabitation avec sa mère, une relation difficile qui se déliera au fil du roman.

Rinco a un rapport particulier avec la cuisine. Auprès de sa grand-mère, avec qui elle a passé une partie de son adolescence et de sa vie de jeune femme. Puis par ses expériences dans de nombreux restaurants, en tant qu'apprentie. Notre jeune héroïne possède donc ce "don", celui de cuisiner, de savoir manier les aliments et transmettre quelque chose à travers cet art.

Dans une vieille remise, elle crée son restaurant, qu'elle nomme l'Escargot. Et durant le récit, plusieurs personnes vont ainsi défiler dans la vie de Rinco. Et chacune de ces rencontres s'accompagnent de demande particulière : cuisiner pour rendre amoureux, pour guérir un lapin, pour sceller un mariage etc.
Ito Ogawa aime décrire les préparations culinaires. Chaque étape est retranscrite de façon précise, aussi bien dans la concoction des plats que des ingrédients dont la cuisinière aura besoin.

Cette façon de conter rend l'ensemble à la fois poétique et ancré dans le réel. La magie de chaque instant est perceptible, et c'est une recette que l'autrice aime réitérer puisque l'on retrouve un schéma similaire dans La papeterie Tsubaki (sorti plus tard mais que j'ai découvert pour ma part avant).

J'ai néanmoins un petit bémol à émettre. J'ai eu beaucoup de mal avec la description d'un passage bien précis, et j'ai décroché à partir de ce moment-là. Les quarante dernières pages étaient donc plutôt difficiles à lire pour moi, mais le reste du roman était plutôt réussi.

En comparaison de La papeterie Tsubaki, il m'a manquée un petit quelque chose. Je l'ai trouvé moins émouvant, moins touchant. Mais globalement, la formule d'Ito Ogawa prend sur moi.

Note : 3,5/5

samedi 18 janvier 2020

Ru de Kim Thúy


Titre : Ru
Autrice : Kim Thúy
Genre : Littérature contemporaine
Editions : Liana Levy
Parution : 5 janvier 2010
Nombre de pages : 144
Mots clés : Viêt Nam, Québec, récit de vie, expatriée

Mon avis :

Ru raconte la vie de Kim Thúy. Une partie de son enfance, au Viêt Nam jusqu'à ses dix ans, son arrivée au Québec. Puis par brides, Kim Thúy nous narre des bouts de vie de sa famille. De son père, de sa mère, de ses oncles et tantes, de sa cousine Sao Mai. 

Aucun ordre dans le récit, Kim Thúy passe d'un souvenir à un autre par mot commun, ou personne similaire. Tantôt actuel, tantôt de l'enfance, l'autrice distille un récit bref dans ce roman sans chapitres. Seulement de courts textes, à chaque page.

On en apprend plus sur la vie au Viêt Nam, dans ce pays déchiré par cette guerre avec les Etats-Unis, sur la montée du communisme et la fuite de certaines élites affiliées au capitalisme. La famille de l'autrice en fait partie. Du Viêt Nam, elle vivra la traversée à la mer jusqu'à la Malaisie, avant de trouver refuge au Québec, où elle vit encore aujourd'hui. C'est une reconstruction qui s'est faite pour cette jeune fille de dix ans. Une nouvelle vie en tant qu'expatriée. Mais l'importance aussi de se souvenir, de ce pays qui était le sien. De cette famille nombreuse qu'elle côtoyait. De ces déchirements qui sont survenus de par cette situation.

Mais rien n'est dans le patos. Ru est plein d'anecdotes. Intéressantes, fortes, assez prenantes pour lire pratiquement d'une traite cette courte oeuvre.

Note : 3,5/5